Crazy Taxi World Tour : Axel reprend le volant en 2027 sur PC, PS5, Xbox et Switch 2

Vingt-sept ans après l’apparition d’Axel dans les salles d’arcade japonaises, SEGA a officialisé le grand retour de l’une de ses licences les plus emblématiques. C’est lors du Xbox Games Showcase de juin 2026 que l’éditeur a levé le voile sur Crazy Taxi: World Tour, un nouvel opus prévu pour 2027 sur PC via Steam, PlayStation 5, Xbox Series X|S et Nintendo Switch 2. La bande-annonce de présentation est accompagnée du morceau « All I Want » des The Offspring, titre indissociable de la saga depuis ses origines, qui suffit à lui seul à ramener des années de souvenirs pour quiconque a posé les mains sur une borne NAOMI ou une Dreamcast. Ce n’est pas un simple remaster ni un portage de complaisance : SEGA remet Kenji Kanno, le créateur historique de la série, aux commandes du projet, ce qui constitue la première garantie sérieuse que le jeu ne trahira pas l’esprit de son aîné.

Crazy Taxi — Dreamcast

Des bornes d’arcade NAOMI à la Dreamcast : l’histoire d’un phénomène

Pour saisir ce que représente cette annonce pour les joueurs qui ont grandi dans les années 2000, il faut revenir aux origines de la licence. En 1999, le premier Crazy Taxi fait son entrée dans les salles d’arcade sur le système de borne NAOMI de SEGA, avant d’être adapté en 2000 sur la Dreamcast. Dans un paysage vidéoludique où la 3D en est encore à ses balbutiements sur console, le titre détonne par sa technique : il impressionne par sa fluidité exemplaire à 60 images par seconde, une performance rarissime à l’époque, associée à un concept d’une efficacité immédiate. Le principe tient en une phrase : embarquer des passagers dans un taxi et les conduire à destination aussi vite que possible en enchaînant cascades et raccourcis dans une ville ouverte et colorée.

Ce qui fait la force de Crazy Taxi, c’est l’absence totale de fioriture. Pas de narration, pas de progression longue : un client, une destination, un chronomètre. L’esthétique ensoleillée, les placements publicitaires de marques réelles et un gameplay purement axé sur le score et le plaisir immédiat font de ce jeu une œuvre représentative du savoir-faire de SEGA à son apogée. La bande-son punk-rock composée de morceaux des The Offspring et de Bad Religion renforce cette identité de jeu physique et libérateur, à rebours de la tendance narrative qui commençait à dominer le secteur.

En 2001, Crazy Taxi 2 enrichit la formule en introduisant une réplique de New York et la mécanique du « Crazy Hop », un saut permettant aux véhicules de franchir les obstacles et d’explorer les lignes de toit. La série aura ensuite connu des épisodes en demi-teinte sur d’autres plateformes, puis un long silence. Des tentatives de relance via des jeux mobiles n’auront pas convaincu les fans de la première heure, qui attendaient un retour sérieux sur console et PC. Ce retour, c’est désormais World Tour.

Ce que Crazy Taxi World Tour apporte de nouveau sans trahir ses origines

Crazy Taxi: World Tour proposera pour la première fois une campagne scénarisée. Le joueur retrouve Axel, le chauffeur emblématique à blouson jaune, lancé dans une course-poursuite internationale à travers cinq villes uniques pour récupérer son taxi fétiche, dérobé par de mystérieux antagonistes masqués. Cette structure narrative est une première pour la franchise, qui s’était jusqu’ici contentée de boucles de gameplay sans histoire. C’est un pari risqué : la saga a toujours tiré sa force de sa légèreté, et greffer un scénario sans alourdir la jouabilité demande un équilibre délicat que Kenji Kanno connaît mieux que quiconque.

Au-delà du mode histoire, le jeu s’adapte aux usages actuels du jeu vidéo sans renier son ADN. Des modes multijoueurs pour s’affronter en ligne à l’échelle mondiale, ainsi qu’un système d’habillage et de personnalisation des véhicules seront intégrés à la sortie. La personnalisation cosmétique est aujourd’hui un attendu incontournable dans ce type de production, et son inclusion n’est pas surprenante. Ce qui l’est davantage, et qui devrait rassurer les sceptiques, c’est la confirmation d’un mode « Classique » pour retrouver les sensations du mode Arcade d’antan. Ce mode est une décision éditoriale forte : SEGA reconnaît que les mécaniques originales ont une valeur propre qui mérite d’être préservée telle quelle, sans ajustements modernes.

Le choix des cinq villes traversées dans la campagne n’a pas encore été entièrement détaillé, mais l’ambition du « World Tour » est explicite dans le titre même : là où les opus originaux se déroulaient dans des villes fictives inspirées de San Francisco ou New York, ce nouvel épisode devrait proposer des environnements inspirés de métropoles internationales reconnaissables. C’est un changement d’échelle significatif pour une licence qui tenait jusqu’ici dans des terrains de jeu relativement compacts mais parfaitement maîtrisés.

Kenji Kanno aux commandes : la garantie d’un retour fidèle

La présence de Kenji Kanno à la tête du développement est probablement la donnée la plus importante de cette annonce. Dans un secteur où les revivals de licences cultes sont souvent confiés à des studios qui n’en connaissent ni l’histoire ni l’esprit, SEGA fait le choix inverse en réunissant le créateur original avec sa création. Kanno est le garant d’une cohérence entre la promesse de World Tour et l’expérience que les joueurs de la Dreamcast ont connu.

L’annonce intervient dans un contexte favorable pour les revivals de licences rétro. Les joueurs trentenaires et quarantenaires, qui ont vécu l’âge d’or de SEGA dans leur enfance ou adolescence, constituent aujourd’hui un public solvable et nostalgique, avide de retrouver des sensations difficiles à reproduire dans les jeux modernes. Crazy Taxi appartient à cette catégorie de jeux dont le plaisir est immédiat, lisible et universel : aucune mécanique RPG à comprendre, aucun tutoriel de dix minutes, juste un volant, un accélérateur et la ville comme terrain de jeu.

La sortie en 2027 laisse le temps au studio de polir un titre qui, s’il tient ses promesses, pourrait devenir l’une des sorties rétro-gaming les plus attendues de la décennie. Entre le mode Classique fidèle aux origines et une campagne scénarisée pour attirer de nouveaux joueurs, SEGA joue sur les deux tableaux. La vraie question sera de savoir si la sauce punk-rock et l’énergie brute du Crazy Taxi de 1999 survivent à la traversée de vingt-sept ans d’évolution du jeu vidéo.

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